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ENEFIBIO
La biomasse-énergie en Afrique subsaharienne est invariablement associée aux combustibles domestiques, et confinée au bois et au charbon de bois. Or des technologies existent permettant de la valoriser sous d’autres formes, afin de fournir des services énergétiques modernes tant pour les usages domestiques que productifs. D’autant plus que certaines entreprises produisent elles-mêmes des déchets de biomasse exploitables.

Le projet ENEFIBIO vise à favoriser l’utilisation rationnelle de cette biomasse-énergie (résidus agricoles, forestiers et agroindustriels, produits connexes de l’industrie du bois) dans les Petites et Moyennes Entreprises du Sénégal et du Cameroun.

Après une première phase d’enquêtes réalisées par ENDA sur six secteurs identifiés au Sénégal (scieries, rizeries, élevages laitiers industriels, élevages avicoles, sécheries de poissons, boulangeries, fonderies d’aluminium), le projet se poursuivra avec la formation au montage de projets bancables en bioénergie dans les PME, et agira au niveau des barrières administratives et financières avec les décideurs politiques nationaux et les patrons de PME.

ENEFIBIO, financé par le programme « Énergie Intelligente pour l’Europe » de l’Union Européenne, et plus particulièrement par le programme COOPENER, est mis en oeuvre en collaboration avec des partenaires africains et européens.

BIOCARBURANT

Extrait du Papier de position (ENDA, 2007)
Les biocarburants pour l’Afrique: Une illusion ou une option soutenable pour l’atténuation de la vulnérabilité énergétique et la réduction de la pauvreté

L’Afrique a connu plusieurs tentatives pour le développement des biocarburants. Les initiatives au Mali remontent aux années 40, notamment en matière de valorisation du Pourghère. Néanmoins, les applications sont restées limitées à des usages à très petite échelle dans un contexte d’amélioration de l’accès des ruraux à quelques services énergétiques.
Actuellement, on assiste à une prolifération d’intérêts au sein du continent. L’Ile Maurice, constitue un exemple de leadership dans le domaine de la valorisation de la bioénergie : 40% des besoins énergétiques sont assurés à travers la cogénération à partir de la bagasse issue d’usines de production de sucre. L’Ile Maurice, s’oriente aussi vers la valorisation de la canne à sucre pour la production de l’éthanol.
D’autre pays ont déjà élaboré des stratégies nationales. Le Mali avec des objectifs bien définis, le Sénégal avec un programme national et plusieurs pays de la sous région sud de l’Afrique (Afrique du Sud, Zimbabwe, Zambie), mais on doit légitimement se demander si ces stratégies sont basées sur des données fiables (tant au plan agronomique qu’énergétique) et si elles s’accordent avec les politiques agricoles et environnementales.

Mais, l’Afrique serait-elle en mesure d’assurer sa sécurité énergétique à partir de biocarburants sans porter atteinte à sa sécurité alimentaire, à son environnement et à sa biodiversité?
Avec la mise en place de standards internationaux sur les biocarburants, les pays africains, qui semblent tentés par la conquête d’un nouveau marché international, seront-ils conformes aux normes de plantation et de production durables. Aussi, au delà de la formulation de stratégies pour les biocarburants, les pays africains seront- ils en mesure d’atteindre leurs objectifs et être compétitifs sur le marché international?

Les chocs pétroliers des années 70 avaient stimulé le même engouement pour les Energies Renouvelables (Solaire et éolienne, notamment) mais force est de constater qu’après plus de deux décennies, l’Afrique ne parvient pas à faire de ces énergies un levier pour la sécurité énergétique, la réduction de la pauvreté et le développement durable. L’illusion, déjà vécue autour des technologies d’énergies renouvelables, ne risque t-elle pas de se reproduire autour des biocarburants?

Un besoin urgent et immédiat est fortement ressenti en Afrique pour mener une réflexion profonde sur la filière biocarburants qui demeure insuffisamment appréciée. Aussi, le développement à grande échelle des biocarburants devrait-il s’opérer dans le cadre d’une planification énergétique globale appropriée. Les biocarburants doivent être considérés au sein d’un ‘‘mix’’ énergétique qui devrait intégrer toutes les autres formes d’énergies alternatives propres. En plus de la diversification des sources d’énergie, l’Efficacité Energétique devrait être une priorité dans les stratégies énergétiques aussi bien pour les systèmes de production que de consommation.

La concertation nationale et l’harmonisation entre les politiques énergétiques, agricoles, environnementales et sociales devraient être assurées afin de maintenir l’équilibre entre la sécurité alimentaire, énergétique et le droit au développement social durable.

 

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