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L’Afrique a connu plusieurs tentatives pour le développement
des biocarburants. Les initiatives au Mali remontent aux années
40, notamment en matière de valorisation du Pourghère.
Néanmoins, les applications sont restées limitées
à des usages à très petite échelle dans
un contexte d’amélioration de l’accès
des ruraux à quelques services énergétiques.
Actuellement, on assiste à une prolifération d’intérêts
au sein du continent. L’Ile Maurice, constitue un exemple
de leadership dans le domaine de la valorisation de la bioénergie
: 40% des besoins énergétiques sont assurés
à travers la cogénération à partir de
la bagasse issue d’usines de production de sucre. L’Ile
Maurice, s’oriente aussi vers la valorisation de la canne
à sucre pour la production de l’éthanol.
D’autre pays ont déjà élaboré
des stratégies nationales. Le Mali avec des objectifs bien
définis, le Sénégal avec un programme national
et plusieurs pays de la sous région sud de l’Afrique
(Afrique du Sud, Zimbabwe, Zambie), mais on doit légitimement
se demander si ces stratégies sont basées sur des
données fiables (tant au plan agronomique qu’énergétique)
et si elles s’accordent avec les politiques agricoles et environnementales.
Mais, l’Afrique serait-elle en mesure d’assurer sa
sécurité énergétique à partir
de biocarburants sans porter atteinte à sa sécurité
alimentaire, à son environnement et à sa biodiversité?
Avec la mise en place de standards internationaux sur les biocarburants,
les pays africains, qui semblent tentés par la conquête
d’un nouveau marché international, seront-ils conformes
aux normes de plantation et de production durables. Aussi, au delà
de la formulation de stratégies pour les biocarburants, les
pays africains seront- ils en mesure d’atteindre leurs objectifs
et être compétitifs sur le marché international?
Les chocs pétroliers des années 70 avaient stimulé
le même engouement pour les Energies Renouvelables (Solaire
et éolienne, notamment) mais force est de constater qu’après
plus de deux décennies, l’Afrique ne parvient pas à
faire de ces énergies un levier pour la sécurité
énergétique, la réduction de la pauvreté
et le développement durable. L’illusion, déjà
vécue autour des technologies d’énergies renouvelables,
ne risque t-elle pas de se reproduire autour des biocarburants?
Un besoin urgent et immédiat est fortement ressenti en Afrique
pour mener une réflexion profonde sur la filière biocarburants
qui demeure insuffisamment appréciée. Aussi, le développement
à grande échelle des biocarburants devrait-il s’opérer
dans le cadre d’une planification énergétique
globale appropriée. Les biocarburants doivent être
considérés au sein d’un ‘‘mix’’
énergétique qui devrait intégrer toutes les
autres formes d’énergies alternatives propres. En plus
de la diversification des sources d’énergie, l’Efficacité
Energétique devrait être une priorité dans les
stratégies énergétiques aussi bien pour les
systèmes de production que de consommation.
La concertation nationale et l’harmonisation entre les politiques
énergétiques, agricoles, environnementales et sociales
devraient être assurées afin de maintenir l’équilibre
entre la sécurité alimentaire, énergétique
et le droit au développement social durable.
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